Actualités | Chronique politique par Carlos Godoy

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Le Canada sera à l’heure des grandes décisions le 19 octobre prochain en vertu de la tenue d’une élection législative générale au pays. À terme, la course pour le 42ème Parlement du Canada lancée le 2 août dernier aura été l’une des plus longues campagnes électorales de l’histoire canadienne.

Contre toute attente, selon les plus récents sondages, les trois grands partis fédéraux sont tous nez à nez et aucune donnée ne permet de croire que l’un d’entre eux obtiendra les 170 sièges à la Chambre de communes nécessaires pour former un gouvernement majoritaire. Du jamais vu. Approchant le dernier droit d’une campagne électorale qui se corsera au cours des prochaines semaines, les sujets qui influenceront le choix des électeurs et qui sont d’intérêt pour les membres REZOMONT sont:

ÉCONOMIE

Le dollar canadien étant évalué à près de 0.70 $ américains, la chute soutenue du prix du baril de pétrole, la légère contraction de l’économie canadienne pour un cinquième mois consécutif en mai et la légère augmentation du taux de chômage au pays en août plombent l’aile du gouvernement sortant, lequel s’était fait le grand promoteur d’une économie saine et prospère depuis son élection en 2006. Le maintien de l’équilibre budgétaire ou la glissade vers un déficit, ainsi que le mot qu’il ne faut pas prononcer—récession, continuent d’être au cœur des débats à teneur économique.

PÉTROLE

Le prix dégringolant du baril de pétrole passant de 105 $ à sous la barre des 50 $ en moins d’un an affecte l’économie canadienne. Acheter du pétrole étranger est devenu plus avantageux qu’extraire du pétrole aux États-Unis ou extraire notre propre pétrole vu les coûts exorbitants de l’extraction du pétrole des sables bitumineux. Cette chute des prix et le désintérêt marqué pour le pétrole albertain coutent cher à l’économie canadienne, surtout en Alberta, et mine les projections financières du gouvernement sortant. L’avenir des projets d’extraction des sables bitumineux et de grands investissements dans le Nord de l’Alberta sont donc en jeu, le Canada souffrira si sa province la plus riche ne se remet pas de la crise économique qui la secoue depuis peu.

EXPORTATIONS ET COMMERCE INTERNATIONAL

La faible valeur du dollar canadien est tout à fait bénéfique pour les exportateurs qui misent sur une valeur ajoutée à leurs produits et services destinés à l’étranger. Ce qui est bon pour les exportateurs est bon pour les manufacturiers et bon pour l’emploi au pays. À noter que les exportations canadiennes dans le secteur automobile cette année surpassent les exportations canadiennes de produits énergétiques, phénomène assez rare depuis longtemps et qui confirme un ralentissement du secteur énergétique. D’autres secteurs de l’économie canadienne bénéficieront de la faiblesse du dollar canadien, tel que le tourisme par exemple, alors que des touristes d’agrément ou d’affaires profiteront de la force du dollar américain ou de l’euro pour bénéficier d’un plus grand retour sur leur investissement en visitant le Canada. Le déficit commercial oscille autour des $500 millions ces jours-ci, bien en deçà des projections, ce qui confirme que l’économie canadienne réduit sa dépendance aux importations étrangères et a augmenté ses exportations vers l’étranger.

INFRASTRUCTURES

Les investissements en infrastructures publiques sont reconnus pour stimuler l’économie et créer de l’emploi. Malgré qu’à couteaux tirés sur une myriade de sujets, les trois grands partis politiques susceptibles de former le gouvernement s’entendent qu’un réinvestissement de sommes importantes en infrastructures fera partie du plan de match du prochain gouvernement. Ponts, édifices gouvernementaux, centres de recherche et de haute technologie, transports routiers, ports maritimes et aériens, infrastructures de loisirs, plusieurs engagements sont sur la table. En bénéficieront les secteurs du génie-conseil, la gestion de projets en construction, les corps de métiers, l’approvisionnement en matériaux, le transport et le commerce du détail.

INSTABILITÉ MONDIALE

Le ralentissement de l’économie chinoise–premier consommateur mondial de matières premières, le conflit armé qui sévit au Moyen-Orient avec les groupes armés de l’État islamique, la crise humanitaire des migrants vers l’Europe et les relations tendues avec la Russie au sujet des revendications territoriales dans le cercle polaire sont des enjeux internationaux qui concernent le Canada au premier plan. L’élection n’a pas donné énormément de visibilité à ces enjeux, les questions domestiques ayant monopolisé la majorité des débats d’idées et échanges avec les électeurs. Chose est certaine, le prochain gouvernement du Canada sera aux prises avec les crises mondiales qui occupent et préoccupent les alliés du Canada. Une attention particulière devra être portée à l’épineuse question humanitaire de l’accueil de réfugiés, tant d’un point de vue sécuritaire mais également d’un point de vue de leur intégration dans la grande famille canadienne. Le port du niqab—ce voile intégral culturel porté par certaines femmes de confession musulmane—notamment lors de la prestation du serment d’allégeance et de citoyenneté canadienne, constituera un enjeu qui divisera l’électorat et qui pourrait contribuer à la victoire de l’un ou de l’autre des partis. L’engagement de maintenir l’achat ou d’annuler le contrat d’achat des nouveaux avions de combat interarmées F-35, lequel garantit des retombées économiques au Canada et plus particulièrement au Québec en vertu d’une politique des retombées industrielles et régionales, fera également partie de l’ensemble des enjeux de politique étrangère et de défense à débattre, tout comme la recapitalisation de la flotte navale canadienne dont les impacts économiques sont essentiels à l’économie des régions côtières.

À NOTER DANS VOTRE AGENDA

Vendredi 2 octobre 2015 : Deuxième débat de langue française – Réseau TVA

Lundi 19 octobre 2015 : Élection générale

Carlos A. Godoy L. est vice-président pour la région du Québec chez Impact Public Affairs Corp., membre Rézomont. Son cabinet-conseil, dont le siège social est à Ottawa (ON), se spécialise en relations publiques et gouvernementales. Stratège et communicateur aguerri, Carlos se spécialise en gestion de crises et d’enjeux, en relations avec les médias, en affaires législatives et gouvernementales et en stratégie de la représentation des intérêts. Carlos offre aux clients nationaux de son cabinet des conseils stratégiques portant sur des enjeux liés au Québec ainsi que son expertise en affaires publiques sur une vaste portée de sujets.

www.impactcanada.com

 

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